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Quel attraits des VE chinois pour les consommateurs européens ?

WANG Shanjin, expert moteur et président de l’Association des ingénieurs automobiles chinois en France

Eric ESPERANCE, Partner automobile chez Roland Berger

Notes et éléments factuels complémentaires Yves Soronellas

 

Le compte rendu

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Notes Robotiques

Yves Soronellas

20260625

 

Notre intervenant est aux manettes dans une entreprise fournissant des « robots » en France ; Son parcours d’ingénieur et d’école de commerce et une passion « native » pour l’innovation lui permet de coconstruire les services de ses robots avec ses clients.

Les robots…c’est chinois.

D’abord plus de la moitié des robots sur la planète sont installés en Chine et 80% des robots humanoïdes ! Comme d’habitude avec une multitude de fournisseurs et constructeurs mais aussi de revendeurs. Cependant avec la capacité à produire l’ensemble des éléments de l’écosystème mais également d’aboutir à des formes de standardisation de chacun des éléments et donc une fréquente réutilisation dans chacune des offres spécifiques.

Irrémédiable avance de la Chine

Aujourd’hui, dans son entreprise, après avoir repris les éléments du projet historique Aldébaran, les robots proposés par notre intervenant sont tous issus de la Chine. Il considère que l’avance de la Chine est dorénavant impossible à rattraper. En effet cette présence massive de la Chine est issue d’une vision systémique de développement et de projet de maitrise qui a débuté au moins en 2015, s’est concrétisé avec le 14eme plan chinois et est au cœur du 15eme plan , validé en mars 2026 et s’étendant jusqu’en 2030.

Des « robots » transporteurs

L’offre qui est proposé est constituée de robots transporteurs. La source majeure pour l’entreprise qui achète ces robots est… la pénurie de main-d’œuvre c’est-à-dire l’obligation de surcharge des salariés présents car l’entreprise n’arrive pas à recruter. De ce point de vue il ne s’agit pas de remplacer des humains car…ils ne sont pas là. Ainsi il va déployer des offres en hospitalité (Hotels, Ephad), en laboratoires, en logistique, et en maintenance/nettoyage.

 

Il s’agit de faciliter la vie des salariés en les aidant à se concentrer sur les tâches relationnelles les plus importantes de leurs métiers et qui leur donne le plus de sens et la fierté. Ainsi débarrasser et transporter les petits-déjeuners jusqu’en cuisine, aller chercher et ramener des éléments entreposés dans des stockages permettant ainsi de se concentrer sur la tâche à effectuer,, transporter des échantillons d’analyse d’une machine à une autre en respectant des contraintes de délais au cœur de la qualité des service de hub des laboratoires d’analyses biologiques en réduisant les erreurs, assurer le nettoyage d’un centre commercial à des heures très matinales ou des salariés auraient de grande contraintes d’accès car trop tôt pour avoir des transports en commun. A chaque fois le temps « libéré » pour les salariés peut-être relativement modeste mais tout à fait majeurs pour redonner ou concentrer du sens de ces emplois.

 

Mais comment « faire accepter ces robots » ?

Je répète : certes l’équation économique existe mais avant tout la problématique a régler est celle de la pénurie de salariés sur ces métiers, la surcharge des présents et redonner , alors du sens, ce qui génère de la fidélité des salariés une moindre rotation et une image positive pour attirer des candidats.

Mais la principale offre est d’abord de bien présenter et adapter l’offre de service que cela représente : la simplicité d’usage, une orientation de « cas d’usage ». En effet il peut y avoir un décalage culturel entre une vente en Chine et le produit élaboré et le contexte français. Le Chinois est « culturellement » bricoleur et est facilement disposé à utiliser un outil complexe et peu ergonomique. En France il s’agit de franchir un obstacle de résistance aux nouveautés et aux objets qui « viennent prendre le travail de l’humain « : il est donc essentiel d’avoir une approche pas à pas, ne pas vouloir d’emblée avoir un grand nombre de cas d’usage mais au contraire les limiter et l’laisser l’utilisateur avancer, après premiers usages, des cas d’utilisation qu’il perçoit car dorénavant il accepte ce « robot » dans son contexte professionnel. Cette démarche est la source de la réussite : parmi les deux plus grand acteur chinois venus en France l’un, le plus « gros », n’a pas adopté une telle démarche et a échoué à vendre en France, l’autre, pourtant plus petit » a réussit grâce à ce renforcement et à la « contextualisation » de cette approche « service aux salariés ».

L’avenir des tâches d’inspection

 

Sur cette base on peut observer combien des taches d’inspection dans des milieux plus ou moins difficiles ou hostiles, sont possibles : inspecter pour cibler l’action de maintenance précise et donc être plus efficace : un « mainteneur » n’est pas là pour arpenter un terrain mais pour réparer ce qui est probablement en panne et qu’un dispositif robotique a identifié, voire identifie de mieux en mieux par expérience et apprentissage : bien sûr cela signifie une capacité d’apprentissage et d’enrichissement des paramètres du robots soit par le « vendeur » du robots » soit encore plus naturellement par l’utilisateur devenu presque expert de …son usage.

 

Se méfier des vidéos « inimaginable »

Cela semble une perspective modeste mais c’est ce qui fonctionne réellement aujourd’hui. Il faut donc se méfier de vidéos qui circulent montrant des robots assurant des tâches complexes : d’une part il s’agit de cas de « démonstrateur » dans des laboratoires de constructeurs et d‘autre part les robots y sont télécommandés par un « humain » derrière la caméra. C’est le cas de démonstrateur de robots repassant du linge ou le pliant, de ceux qui nettoient les salles de bains et toilettes dans des hôtels ou hôpitaux.

 

En fait ces tâches ne sont pas à la portée

des robots actuels. Plus précisément ces tâches ne peuvent pas être réalisés avec les « modèles » d’IA de type LLM actuel. Pour y parvenir il s’agit de percevoir le contexte et l’espace ce qui ne se réalise pas « par de l’entraînement répétitif ou statistiques » (d’ailleurs ce qui couterait beaucoup trop cher, pour une nombre limité de tâches car utilisant de ressources informatiques -et donc électriques- considérables.

C’est donc dans la perspective d’autres modèles de type « world model »( les travaux de Le Cun) qu’il faut envisager mais rien n’est mâture aujourd’hui. Là encore les centres d’entrainement ou des testeurs sont munis de caméras et autres équipements pour réaliser des « tâches du quotidien » mais en réalités très complexes à réaliser (tant dans la capacité physique des robots que dans les logiciels) ne sont pas le précurseur pour demain avoir un tel robot à la maison . On est dans de la capture d’expériences pour aboutir sans doute très au-delà de 2030 ou 2035 peut-être.

 

Et pourquoi des robots humanoïdes ?

Des échanges ont eu lieu à propose du robot « humanoïde ». Certes il y a un intérêt physique car le corps humain dispose de degrés de libertés qui lui permettent une grande variété de taches et de se mouvoir dans des milieux très variés. Mais l’origine d’un tel robot (et Aldébaran en était l’exemple avec les travaux approfondis menés à l’époque) est bien l’acceptabilité sociale : un robot à notre image peut-être plus séducteur. Mais il peut aussi faire encore plus peur !! En tout état de cause le robot doit être accepté : ainsi notre intervenant explique que, il tient sa réussite avec un client, lorsque les employés ont donné …un nom au robot ce qui signifie qu’il l’on intégré dans l’équipe . En outre si on se projette dans le futur les retraités dans 30 ans ne seront pas les mêmes « vieux » qu’aujourd’hui et auront plus fortement intégré les objets digitaux dans leur vie « plus jeunes ».

 

Une autre raison est l’historique des lieux actuels : une usine ou un entrepôt comme un centre commercial d’ailleurs a été construit pour pouvoir y « mouvoir » des humains ». Il faut donc en tout état de cause que ce robot puisse être adapté au contexte présent (on dirait le « legacy » en informatique). En effet ces « infrastructures « dans lesquelles nous travaillons ou agissons ont des durées de vie très longues (plusieurs dizaines d’année). En tout état de cause pour des bâtiments neuf ou du futur nous verrons sans doute évoluer des formes de robots non-complètement humanoïdes voire améliorant les degrés de libertés du corps humains dans de nouveaux espaces. C’est ce que nous voyons dans les usines ou entrepôts récents conçus dès le départ pour delà. Là encore il faut se méfier : les « dark factoory » n’existent pas en réalité là aussi des effets vidéo. En même temps ce qu’on appelle un atelier de ferrage (la première partie d’une usine automobile) est reconçue et reconstruire pour n’avoir que des robots disposés derrière des cages et des systèmes d’alertes de pénétration humaine qui arrêtent automatiquement son fonctionnement.

 

Discours dystopiques et inquiétudes réelles

Il y a de nombreux discours dystopique qui nous incitent à évoquer avec notre intervenant les « risques » du futur ou le sens de ce qu’on fait en installant des robots. On a évoqués l’utilité pour le « manque de bras » et donc la perspective réelle déjà présente et qui se multipliera dans le futur notamment en matière de vieillissement : pour moins de salariés et plus de personnes à « soutenir » . Il en résulte non seulement un marché considérable pour la robotique et ses usages mais d’abord une immense obligation sociale pour y parvenir. Or si la Chine, mais aussi le Japon, sont très concrètement engagés sur le sujet il faut convenir de notre retard. Comment créer les conditions pour libérer, et pas avant tout réglementer, voire disposer des barrières douanières, alors que nous n’avons pas la possibilité de reconstruire toute la « chaîne systémique robotique » ni en France ni en Europe ? Comment nous spécialiser sur ce sur quoi nous sommes les meilleurs : la qualité de la relation de service ? Les logicielles ? les Csa d’usage adapté ?

Une dimension est inquiétante : la lutte contre la « solitude ». Nous avons aussi évoqué celà : la robotique ne peut pas être la réponse. Certes l’acceptabilité du robot humanoïde est plus forte, de nombreuses expériences et usages en matière de soins ou de réadaptations démontrent qu’un patient est plus « librement » susceptible de mener des actions avec un robot car il ressent moins de honte à ne pas réussir que face à un humain et donc, ce qui peut sembler paradoxal, il progresse plus vite. Mais être seul c’est aussi la tentation à utiliser des robots, qui commencent à exister, en matière de relations sexuelles, ce qui n’est certainement pas l’avenir que nous souhaitons.

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